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Le grand méchant gluten


Qui à peur du grand méchant loup, c’est pas nous, c’est pas nous…et pourtant, difficile de faire abstraction du concept « gluten free » (oui je suis bilingue) si vous rôdez un peu sur internet ou vous intéressez à ce que vous ingurgitez, cela ne vous aura pas échappé.

Je vous en avais déjà un peu parlé avec mes pancakes interchangeables, mais je pense que faire un point sur le gluten n’est pas du luxe. Alors je vais m’y atteler.

Je précise qu’aucun gâchis n’a eu lieu pendant le montage photo, tous les produits utilisés ont trouvé un estomac à contenter (et des intestins à engluer).

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Appréciation

Comme dans les autres articles, j’ai mon avis sur la question, mais le but n’est pas de vous rallier à ma cause mais d’ouvrir le débat et la réflexion. Ce que vous déciderez de faire ne regarde que vous (sauf si vous souhaitez nous en faire part).

Je mange du gluten, j’ai révisé mes portions à la baisse, je les ai même divisé par 100 mais je ne l’ai pas totalement supprimé.

Je me suis astreinte à un régime sans gluten pendant plusieurs mois afin de mettre mes intestins bien trop sollicités par les traitements, au repos.

Je l’ai réintroduit petit à petit et en petite quantité (j’en mange rarement chez moi). Pourquoi ? parce que dans toutes mes démarches de changement, j’ai une devise, ne pas m’empêcher de vivre et ne pas me couper de toute vie sociale. Le régime sans gluten n’a rien d’impossible mais il reste contraignant. Je regarde beaucoup plus ce que je consomme qu’avant, c’est une évidence , mais quand je suis invitée je n’exige rien de particulier, quand je suis au restaurant je mange ce qu’il y a sur la carte et je trouve toujours mon bonheur (je laisse cette satanée corbeille de pain sur le coin de la table).

Mais j’ai la chance de pouvoir le faire car pour les personnes souffrant d’une réelle intolérance comme la maladie de Crohn ou la maladie coeliaque, cette option n’est pas envisageable, le gluten doit être totalement supprimé et  l’entourage se doit d’être compréhensif en proposant des alternatives.

Mes changements alimentaires ont pour mot d’ordre la résilience. Donner à mon corps le bon carburant et en faire profiter ma famille. Avec le minimum de frustration.

L’éducation alimentaire des enfants est primordiale et elle commence dès le plus jeune âge. Les enfants sont naturellement attirés par le sucre et l’école n’aide pas (les bonnes cantines sont trop rares), pas plus que l’entourage qui veut faire plaisir avec des petites attentions sucrées. Les sollicitations deviennent permanentes et nous mettent en position de lutte…Difficile d’expliquer à son enfant que lui refuser une pâtisserie après son repas n’est pas une punition mais au contraire un acte d’amour (séquence émotion).

Ma fille a 3 ans et en connait déjà un rayon sur l’alimentation. Elle est cependant très gourmande et ne comprend pas toujours pourquoi il n’y a pas de bonbons ou autres sucreries en libre accès à la maison. Je suis sûre que les bases que nous tentons de lui inculquer resteront et même si à l’adolescence elle se gave de macdo avec ses potes, elle ne les oubliera pas (sinon nous partirons vivre en corse ! pas un Ronald à l’horizon).

Revenons à nos moutons, enfin, notre mouton du jour, le gluten.

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Alors je le laisse sortir ou pas ?

Quelques notions clés

Je ne vais pas vous retracer l’historique du gluten, vous avez l’embarras du choix sur internet.

Juste rappeler grossièrement qu’il s’agit d’une protéine contenue dans de nombreuses céréales telles que le blé, l’orge, le seigle, l’avoine, l’épeautre, le kamut… Difficile de faire l’impasse donc puisqu’il s’agit de la base de notre alimentation moderne (le graal de la boulangerie, des pizzerias, des fast-foods, des plats préparés…).

Le gluten signifie « colle, glue » en latin, ce qui est assez parlant et pourrait presque suffire comme définition. Il a le rôle principal dans l’élasticité des pâtes.

Il n’y a pas de gluten dans le quinoa, l’amarante et le sarrasin qui ne sont pas des céréales mais des semences (la minute culturelle s’arrêtera là).

Mais comment un aliment autant consommé a pu devenir aussi controversé  ?

Contrairement à ce que nous pourrions penser, les céréales font partie de l’alimentation moderne et notre système digestif n’est pas habitué à en consommer. Nos enzymes digestives, qui dégradent les macromolécules que nous ingérons pour en faciliter l’assimilation par l’organisme, ne sont donc pas adaptées à ce type de régime mais à celui d’une alimentation naturelle (un peu celle des animaux sauvages qui sommeillent en nous).

Le blé, surtout, est une manne financière exceptionnelle pour l’industrie agroalimentaire qui n’hésite pas à l’utiliser en grande quantité et à toutes les sauces.

Le gluten peut provoquer des lésions de l’intestin et le rendre poreux, souvent de façon pernicieuse car il est difficile de s’en rendre compte immédiatement. L’intestin ayant perdu sa perméabilité laisse passer des macromolécules non dégradées qui se retrouvent dans le sang. Le filtre fonctionne moins bien, c’est la porte ouverte à toutes les toxines.

Il y a différentes formes d’intolérances dont la plus poussée est la maladie coeliaque. Mais vous pouvez vous contenter de ballonnements, diarrhées ou autres joyeusetés. Il en résulte un affaiblissement du système immunitaire et ça, nous nous en passerions.

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Les mangeurs de gluten

Il y a d’un côté, les aficionados du gluten. Ceux qui ne comprennent pas pourquoi les gens se restreignent autant pour suivre un phénomène de mode.

Il est vrai que le credo a été pris d’assaut par l’industrie agroalimentaire qui a su encore une fois surfer sur la vague en nous proposant des produits sans gluten pas franchement bon pour la santé. C’est le problème lorsque nous tentons de pallier un manque avec des produits de substitution. Le régime sans gluten devrait induire une révision complète de son alimentation, pas juste un transfert d’aliments. C’est le cas pour tout en fait, ne pas vivre le changement comme un manque mais comme un renouveau.

La plupart des gens sont intolérants au gluten (c’est aussi le cas des produits laitiers, nous en reparlerons). Certains ont des symptômes d’autres non. Si vous êtes dans la deuxième catégorie, grand bien vous fasse. Vous aurez de fait plus de réticence à changer, ce qui est compréhensible, puisque les changements interviennent le plus souvent à la suite de déconvenues.

Vous avez le gluten dans la peau si :

  • les fast-foods et les plats préparés n’ont plus de secrets pour vous
  • vos placards sont dépourvus de choses étranges telles que le quinoa ou l’amarante
  • vous pouvez manger une baguette bien blanche sans être aucunement calé (la plupart sont remplies d’air)
  • vous êtes abonnés aux sandwichs en tout genre
  • vous êtes boulanger (ce serait un peu comme un boucher végétarien)
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Jamais sans mon gluten

Les gluten free

Il y a aussi les gluten free. Ceux pour qui le gluten n’est autre que le suppôt de Satan. Un vrai régime sans gluten ne se contente pas d’éliminer les produits phares comme les pâtes et le pain, mais il veille aussi au gluten caché qui peut se trouver dans les charcuteries industrielles, les sauces, l’alcool…un peu partout en fait.

Comme pour tout, il s’agit d’une gymnastique à mettre en place. La tâche parait insurmontable au début puis finit par devenir une habitude.

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Mais qui a tué Pamela Rose ?

Quelques raisons d’arrêter le gluten

  • la principale raison étant le diagnostique d’une maladie coeliaque
  • toute pathologie ou maladie qui nécessitent que votre système immunitaire soit au taquet
  • vous avez des problèmes gastriques en tout genre (comme si l’air ingéré n’atterrissait pas dans vos poumons mais dans vos intestins, c’est ballot)
  • vous n’aimez ni les pâtes ni le pain (la moitié du boulot est faite)
  • vous avez essayé toutes les solutions pour soigner vos maux mais rien n’y a fait, alors pourquoi pas
  • vous avez envie de tester les nouveaux restaurants sans gluten mais pas sans raison valable
  • vous souhaitez agir en prévention pour une santé durable

Quoi que vous décidiez, encore une fois, le meilleur moyen pour vous rendre compte des bienfaits ou non d’un nouveau régime alimentaire, reste la mise en pratique.

Au pire qu’est-ce que vous risquez ? De consommer moins de produits industriels et de découvrir de nouveaux aliments ? 

Certains évoquent le fait que ne plus consommer de gluten sans symptôme particulier est inutile et peut déclencher une réelle intolérance. C’est pourquoi je ne l’élimine pas totalement même si je pense que cela se fera de façon naturelle à la longue.

Je répète souvent à ma fille (quand elle prétend avoir encore faim après un bon repas) « écoute ton ventre pas ta tête ».

Ecoutons notre corps, il sait la plupart du temps ce que nous ignorons.

 

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